Idées

Appel à la création d’un secrétariat à la condition animale

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Retrouvez la pétition la création d’un secrétariat d’État à la condition animale sur change.org

Aux origines, les animaux ont été des compagnons et des partenaires puis, en occident, sous l’impulsion de la religion, ils sont devenus des êtres inférieurs. Avec le développement de l’industrie, ils ont été transformés en annexes de machine et en matière première exploitable pour servir l’économie humaine. La place de l’animal dans nos sociétés s’est ainsi construite sur des fondements culturels anciens. Une construction qui nous conditionne encore de nos jours mais qu’une évolution scientifique a bouleversée. Ces dernières années, notre façon de considérer les animaux a, en effet, subi une profonde révolution. Nous savons que les capacités mentales des animaux varient selon les espèces et les individus et qu’elles ne dépendent pas de la taille de leur cerveau. Les animaux jugés pendant longtemps sans raison ont montré depuis qu’ils possèdent des compétences sophistiquées.

Moutons, cochons, éléphants … Ils ont une vie sociale, une mémoire à long terme, reconnaissent leurs congénères individuellement, communiquent entre eux. Les poissons, comme les oiseaux, utilisent des outils, coopèrent, anticipent. Alors que des centaines de millions d’années d’évolution nous sépare du poulpe, son cerveau d’escargot lui permet pourtant d’avoir une excellente mémoire, un raisonnement logique, des capacités de déduction, d’innovation, de jeu, d’apprentissage. La recherche a constaté que l’intelligence est née plusieurs fois sur la planète et qu’il n’existe pas, dans le cerveau, une catégorie de cellules spécifiquement humaine. Des neuroscientifiques internationaux affirment que tous les mammifères, oiseaux et autres créatures, y compris le poulpe, possèdent une conscience, ce qui veut dire qu’ils sont sensibles au plaisir et à la souffrance. Grâce à nombreux travaux, on sait aujourd’hui que la douleur et la souffrance existent chez les animaux, des poissons aux mammifères. L’intelligence, la conscience, l’empathie, la vie émotionnelle, le rire, la souffrance et même une forme de culture, ces attributs qui définissaient  l’homme et lui seul, appartiennent désormais à un répertoire commun à l’homme et à l’animal qu’il n’est plus possible de contester.

Les animaux ne sont donc pas des machines ni des êtres pauvres en mondes à disposition des humains, ils sont des individus sensibles, inventifs, expressifs. Ils ne  devraient donc plus être vus comme un ensemble de matériaux constitutifs d’une biodiversité mais une communauté d’individus capables de ressentir, d’agir et de réagir singulièrement.

Jugée hier avec condescendance, notre sollicitude pour les animaux est devenue une question sociétale bien vivace qu’on ne peut plus ignorer. C’est une préoccupation qui n’oppose pas les hommes et les animaux, bien au contraire puisqu’elle propose de réinventer une société dans le souci des uns et des autres ; une évolution qui arrive à une époque où, paradoxalement, nous n’avons jamais commis autant de cruautés sur les animaux.

Chaque jour, de nouveaux travaux scientifiques montrent que les animaux sont sensibles et dotés de compétences. Ces nouveaux éclairages mettent en lumière un décalage flagrant entre des faits incontestables, le respect qui leur est dû et les décisions politiques et économiques qui bafouent leur bien-être. Bien qu’ils soient donc devenus ces êtres sensibles au regard de la science et de la loi, les animaux restent pourtant soumis à une évaluation marchande et sont encore considérés comme des biens. Leur sort reste à la merci des souffrances utiles, des dérogations et des normes admissibles. En somme, la législation se soucie des animaux à condition que leur protection ne dérange pas. La satisfaction des enjeux culturels et économiques continue de primer sur les intérêts des animaux. Si leur sensibilité n’est désormais plus contestable et si la souffrance constitue le point de départ de toute position éthique, à quoi tout cela doit-il nous engager ? Que devient notre légitimité à les exploiter et à les faire souffrir ? Comment doit-on aujourd’hui les considérer ? Comme des biens ou des personnes non humaines telle que la science les définit ?Le temps est venu de penser et d’instituer d’autres rapports avec eux. Quels sont les changements précis à opérer ? Comment devrions nous vivre demain avec les animaux ?

Pour répondre à ces questions et initier de réelles modifications dans nos rapports avec les animaux, nous demandons la création d’un secrétariat d’Etat à la condition animale conduit par des experts multi disciplinaires et légitimes, spécialistes de la question animale.

 

Pour que les évolutions scientifiques en faveur des animaux domestiques et sauvages soient prises en compte dans les décisions politiques, éducatives, économiques, sociales ; que des budgets dignes de ce nom soient consacrés au développement des méthodes alternatives à l’expérimentation animale ; que de nouvelles économies alternatives à l’exploitation animale soient encouragées et soutenues, favorisant ainsi la création d’emplois et de nouvelles entreprises ; que la place de l’animal dans l’éducation soit repensée ; que soit favorisé un enseignement du droit animalier dans les universités ; que les policiers et magistrats soient formés au bien-être animal ; que les contrôles pour lutter contre la maltraitance soient renforcés et que les actes de cruauté soient punissables ; que des médiateurs pour les animaux soient envisagés pour veiller à l’application des lois et du droit.

 

Prendre en compte les intérêts des animaux, avec qui nous partageons ce monde, est devenu une question sociétale, politique et démocratique et ne peut que favoriser la construction d’une société plus humaine dans l’intérêt des hommes, des animaux, de la Planète.

 

Les signataires

Françoise Armangaud (philosophe)

Eric Baratay (professeur d’Histoire contemporaine)

Denis-Richard Blackbourn ( docteur en Ethnozoologie)

Gilles Bœuf (professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, Conseiller scientifique auprès du président du Muséum national d’Histoire naturelle

Georges Chapouthier (directeur de Recherche Emérite au CNRS)

Valérie Chansigaud (historienne des sciences et de l’environnement)

Yves Christen (éthologue, docteur en science)

Philippe Cury (directeur de Rechercher à L’Institut de Recherche pour le Développement)

Boris Cyrulnik (neurologue, psychiatre et éthologue)

Fabienne Delfour (éthologue, spécialiste des cétacés)

Vinciane Despret (éthologue et philosophe)

Ludovic Dickel (professeur des Universités en Biologie des comportements)

Elisabeth de Fontenay (Philosophe)

Muriel Falaise (Maître de conférences en droit privé)

Pierre Jouventin (éthologue)

Christelle Jozet-Alvez (maître de conférences en biologie du comportement)

Emmanuelle Grundman (biologiste, journaliste et spécialiste des grands singes)

Thomas Lepeltier (Historien et philosophe des sciences)

Karine Lou Matignon (auteure, journaliste)

Baptise Morizot (Maître de conférences en philosophie)

Eric Navet (éthnologue)

Jean Marc Neumann (juriste et enseignant en droit de l’animal)

Matthieu Ricard (Biologiste, Moine Bouddhiste)

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16 Commentaires

  • Répondre
    de Marqueissac Anne
    18 octobre 2016 à 20 h 22 min

    Il est temps

  • Répondre
    cronenberger
    19 octobre 2016 à 9 h 29 min

    De toutes nos forces, nous souhaitons la création de ce Secrétariat

  • Répondre
    OD
    19 octobre 2016 à 22 h 52 min

    Si la sensibilité des animaux n’est désormais plus contestable, il faut lutter contre la maltraitance et donc nous battre pour que toute personne responsable d’actes de barbarie sur les animaux soient punie comme il se doit. Des lois existent déjà, pourquoi ne pas les appliquer ?!

    • Répondre
      Yvette Souillart
      28 octobre 2016 à 19 h 59 min

      Bravo et un grand MERCI pour cette initiative !

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    Russell BONCEY
    20 octobre 2016 à 19 h 09 min

    Les animaux sont des êtres vivants au même titre que nous. Doués de sensibilité et de raison, ils ont des droits et doivent être protégés de l’exploitation et de la maltraitance humaines.

    Oui, vivement la création d’un secrétariat d’État à la condition animale!

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    Francis KRZESNSKA
    22 octobre 2016 à 1 h 12 min

    Generation Tigres France organisme non gouvernemental avec vous et nos appuies politiques.
    Très cordialement

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    Christine CEARD
    22 octobre 2016 à 11 h 26 min

    oui il est plus qu’URGENT d’éduquer les humains au respect du VIVANT ; je viens de lire qq réactions à ce projet sur la page d’accueil d’Orange… tous ces gens autour de nous qui raisonnent comme des abrutis finis, c’est juste effrayant et cela explique toute cette violence ambiante autant verbale que physique – comme le dit le texte de ce projet : spirituellement, mentalement le progrès ne nous a pas fait évoluer mais RÉGRESSER – c’est CONSTERNANT !

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      Hermitte
      9 décembre 2016 à 22 h 52 min

      Merci; je ne pourrais dire mieux!

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    Viard
    22 octobre 2016 à 18 h 52 min

    Super, pourvu que cela marche

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    MARTIN
    23 octobre 2016 à 17 h 21 min

    Très bonne initiative, je suis de tout coeur avec vous pour qu’enfin les droits des animaux soient respectés et que ceux qui en abusent soient sévèrement jugés.
    Le monde vis à vis des animaux évoluent petitement mais sûrement, créer ce secrétariat fera que, je l’espère, appliquer les lois existantes contres les personnes qui les exploitent sans ménagement et rétablir une justice pour eux !!!!

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    Christele PEREZ
    27 octobre 2016 à 14 h 54 min

    Signé et partagé. Cette pétition va dans le sens de la nôtre (sur change.or : https://www.change.org/p/créer-une-police-de-protection-des-animaux-dans-chaque-département)
    Encourageons tout ce qui va dans le sens de la protection des animaux !

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    On ouvre le journal à la page 21 et on lit… | Les Quatre Saisons
    28 octobre 2016 à 8 h 36 min

    […] vous trouverez l’entièreté du texte à cette adresse-ci, de même que le nom des 23 signataires français. L’illustration provient de […]

  • Répondre
    Arlette
    29 octobre 2016 à 9 h 16 min

    Cela fais 50 années que je rêve et attends que ça bouge. Mais comme OD je crains de la lanternai des applications

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    MARCINIAK Michèle
    2 novembre 2016 à 16 h 12 min

    Il est grand temps que les choses évoluent, et vite

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    Leclerc
    25 novembre 2016 à 20 h 23 min

    Si on pouvait surveiller ce qui se passe dans les cirques aussi! 😡

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    Susan BONCEY
    11 décembre 2016 à 14 h 12 min

    Excellente initiative. Je vous soutiens complètement.

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