Idées

EXTRAIT | La nouvelle société de la connaissance, J.E. Stiglitz & B.C. Greenwald

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Construire une économie et une société capables d’apprendre, une « nouvelle société de la connaissance », indispensable à l’élévation de la prospérité de nos pays : tel est le défi relevé par les éminents économistes Joseph Stiglitz et Bruce Greenwald.

Découvrez un extrait du second chapitre de l’essai de Joseph E. Stiglitz et Bruce C. Greenwald : La nouvelle société de la connaissance.

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Pourquoi il est important d’apprendre

Ce qui distingue la modernité, les deux cents dernières années, des millénaires qui l’ont précédée, c’est l’apprentissage: nous avons appris à être plus productifs, à créer plus de produits avec des intrants. Cet apprentissage revêt deux formes différentes: l’amélioration des bonnes pratiques, que reflète la croissance de la productivité des entreprises capables de mobiliser tout le savoir et toute la technique disponibles; et les gains de productivité des entreprises qui «rattrapent» les plus avancées, qui accèdent aux bonnes pratiques. La distinction est un peu artificielle; il n’existe vraisemblablement aucune firme qui ait mis en œuvre les bonnes pratiques dans toutes ses activités. Une compagnie peut chercher à en rattraper une autre sur un plan et la seconde à rattraper la première sur des plans différents. Dans les pays en développement, pratiquement toutes les entreprises font du rattrapage: elles tentent d’atteindre le niveau des bonnes pratiques mondiales. Mais voici la différence réelle entre monde en développement et monde développé: dans le premier, la proportion des entreprises situées nettement au-dessous des bonnes pratiques mondiales est plus élevée, et l’écart entre leur productivité et celle des firmes les plus performantes est plus grand.

Bien que nous nous intéressions dans ce livre aux deux versants de l’apprentissage, c’est surtout l’aspect «rattrapage» qui, selon nous, a été trop ignoré dans la littérature économique et qui est essentiel pour améliorer le niveau de vie, notamment dans les pays en développement. Mais, comme on l’a dit au chapitre 1, les deux sont intimement liés; puisque les firmes les plus innovantes améliorent les bonnes pratiques, la plupart des autres sont dans le rattrapage en permanence.

Si les preuves de Solow et les travaux qui ont suivi ont démontré qu’il est important d’apprendre pour relever le niveau de vie (ce qui paraît évident à beaucoup), les trois premières sections de ce chapitre réunissent d’autres données, macro et microéconomiques, pour préciser davantage le rôle de l’apprentissage. Nous soulignons notamment l’omniprésence d’un écart entre les sansbonnes pratiques et la productivité de la grande majorité des entreprises. Nous soutenons que cet écart est beaucoup plus important que les traditionnelles inefficacités allocatives auxquelles la science économique a consacré l’essentiel de son attention, et qu’il est lié à l’apprentissage – ou plus exactement à son absence.

La section finale donne un cadre théorique qui permet de penser les sources des hausses durables de niveau de vie, à l’aide de la distinction familière entre déplacements de la courbe des possibilités de production et déplacements vers cette courbe. En utilisant ce cadre de réflexion, nous expliquons pourquoi nous jugeons l’apprentissage si primordial.

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Joseph E. Stiglitz & Bruce Greenwald, La nouvelle société de la connaissance, Une vision nouvelle de la croissance du développement et du progrès social.
416 pages, 27€, en librairie.

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